Infrastructure vieillissante, coûts d’hébergement qui augmentent, difficulté à absorber les pics de charge : pour de nombreux éditeurs de logiciels et DSI, la migration cloud est devenue incontournable. Pourtant, une migration mal préparée peut coûter cher. C’est pourquoi bien connaître les étapes d’une migration cloud et ses risques fait toute la différence.
D’ailleurs, les chiffres le montrent. Selon McKinsey, les inefficacités de migration coûtent en moyenne 14 % de plus que prévu chaque année, et 38 % des entreprises ont vu leur migration retardée de plus d’un trimestre (source : McKinsey). De plus, une fois dans le cloud, la maîtrise des coûts reste un défi : d’après le rapport 2025 de Flexera, 84 % des organisations peinent à gérer leurs dépenses cloud (source : Flexera).
Alors, quelles sont les étapes d’une migration cloud réussie ? Quels risques anticiper ? Voici un guide pratique pour les CTO, DSI et responsables IT.
Sommaire
- Migration cloud : définition et modèles
- Les bénéfices attendus
- Les 6 étapes clés d’une migration cloud
- Les 5 risques à anticiper
- Cas client
- Les tendances
- FAQ
Migration cloud : définition et modèles
Qu’est-ce qu’une migration cloud ?
Une migration cloud consiste à déplacer des applications, des données ou une infrastructure depuis des serveurs internes ou un hébergeur traditionnel vers un fournisseur cloud comme AWS, Microsoft Azure ou Google Cloud. Selon les cas, elle peut ainsi concerner une seule application ou l’ensemble du système d’information.
Les 7 stratégies de migration
Le guide de migration d’AWS distingue sept stratégies, souvent appelées les « 7 R » :
- Retire : décommissionner les applications qui n’apportent plus de valeur ;
- Retain : conserver temporairement certaines applications dans l’environnement actuel ;
- Rehost (« lift and shift ») : déplacer l’application sans la modifier ;
- Relocate : déplacer une plateforme vers sa version cloud sans changer l’architecture ;
- Repurchase : remplacer l’application par une solution SaaS ;
- Replatform : migrer avec quelques optimisations, par exemple vers une base de données managée ;
- Refactor : repenser l’architecture pour tirer parti des services cloud natifs.
En pratique, le choix dépend de chaque application. Une même migration combine d’ailleurs souvent plusieurs stratégies.
Les bénéfices attendus d’une migration cloud
Plus d’agilité pour la roadmap
D’abord, dans le cloud, créer un environnement de test ou de production prend quelques minutes au lieu de plusieurs semaines. Les équipes peuvent ainsi livrer plus vite, surtout lorsque la migration s’accompagne d’une démarche DevOps.
Des coûts mieux maîtrisés
La facturation à l’usage évite de surdimensionner les serveurs pour les pics de charge. Toutefois, ce gain n’est pas automatique : il dépend d’un pilotage rigoureux des ressources, souvent appelé FinOps.
Une sécurité et une disponibilité renforcées
Les fournisseurs cloud proposent des services de chiffrement, de sauvegarde et de haute disponibilité difficiles à reproduire en interne. Cependant, la sécurité reste une responsabilité partagée : la configuration des accès et des données relève toujours de l’entreprise.
Migration cloud : les 6 étapes clés
1. Réaliser un audit et cartographier le SI
La première des étapes d’une migration cloud consiste à inventorier les applications, leurs dépendances, leurs volumes de données et leur criticité métier. En effet, cet audit révèle souvent des applications inutilisées à retirer, et des dépendances cachées qui conditionnent l’ordre de migration. C’est aussi le bon moment pour mesurer la dette technique : découvrez comment identifier et mesurer la dette technique.
2. Définir l’architecture cible
Ensuite, choisissez le fournisseur, le modèle (cloud public, privé ou hybride) et les grands principes d’architecture : réseau, sécurité, sauvegarde, supervision. Vérifiez également les contraintes réglementaires, notamment la localisation des données pour le RGPD.
3. Choisir la stratégie de migration par application
Puis, pour chaque application, sélectionnez l’une des 7 stratégies en fonction de sa valeur métier, de sa complexité et de son état technique. En pratique, AWS recommande pour les grandes migrations de privilégier d’abord le rehost, le relocate ou le replatform, puis de moderniser après la migration. Organisez ensuite les applications en vagues successives, en commençant par les moins critiques.
4. Préparer la « landing zone »
Concrètement, la landing zone est l’environnement cloud socle : comptes, réseau, gestion des identités, règles de sécurité, journalisation et suivi des coûts. Ainsi, la construire avant les premières migrations évite de corriger ces fondations dans l’urgence.
5. Tester les performances et valider
De plus, avant chaque bascule, testez les fonctionnalités, les performances et la reprise après incident. Les tests de non-régression automatisés sont particulièrement utiles pour sécuriser chaque vague. Pour structurer cette démarche, consultez notre guide complet de la Testing Factory.
6. Basculer, accompagner et optimiser
Enfin, planifiez la bascule sur une période de faible activité, avec un plan de retour arrière. Ensuite, renforcez le support pendant les premières semaines, formez les équipes aux nouveaux outils et optimisez en continu les ressources et les coûts. L’accompagnement des utilisateurs compte autant que la technique : découvrez le rôle de la conduite du changement.
Les 5 risques à anticiper lors d’une migration cloud
1. Sous-estimer la complexité applicative
Par exemple, dépendances non documentées, code ancien, configurations spécifiques : les applications legacy réservent souvent des surprises. C’est pourquoi un audit approfondi en amont réduit fortement les retards.
2. Manquer de gouvernance
En effet, sans pilotage clair, les décisions s’accumulent sans être tranchées et chaque équipe configure le cloud à sa façon. Un comité de pilotage, des règles communes et une feuille de route partagée sont donc indispensables.
3. Laisser les coûts dériver
Par ailleurs, ressources surdimensionnées, environnements oubliés, transferts de données coûteux : la facture cloud peut vite dépasser le budget. Selon Flexera, les budgets cloud sont déjà dépassés de 17 % en moyenne. Mettre en place un suivi des coûts dès le départ permet d’éviter ces dérives.
4. Négliger la sécurité
De même, les incidents de sécurité dans le cloud proviennent très souvent d’erreurs de configuration : stockage accessible publiquement, droits trop larges, secrets mal protégés. Par conséquent, la sécurité doit être intégrée à la landing zone et vérifiée à chaque vague.
5. Oublier de former les équipes
Enfin, le cloud change les métiers de l’exploitation et du développement. Par conséquent, sans formation, les équipes reproduisent leurs anciennes pratiques et ne tirent pas parti des nouveaux services.
Cas client : moderniser avant et pendant la migration
Toutes les étapes d’une migration cloud s’appuient souvent sur un travail de modernisation. La fintech Lemonway devait par exemple moderniser son architecture et réduire sa dette technique tout en maintenant un haut niveau de conformité. Go&Dev a priorisé les zones critiques du système, corrigé les causes profondes des lenteurs et renforcé la stabilité du code, avec une équipe intégrée à ses rituels Scrum.
Découvrez le cas client Lemonway en détail.
Les tendances de la migration cloud
Le FinOps dès le lancement
Désormais, de plus en plus d’entreprises intègrent le pilotage financier du cloud dès la conception de la migration, plutôt qu’après les premières factures.
L’IA pour accélérer la migration
L’IA aide désormais à analyser le code existant, documenter les dépendances et accélérer certaines étapes de refactoring. Nous détaillons ce qu’elle change vraiment dans notre article sur les apports de l’IA à la migration technique.
Le multicloud et le cloud souverain
Par ailleurs, pour limiter la dépendance à un seul fournisseur ou répondre à des exigences réglementaires, certaines entreprises répartissent leurs applications entre plusieurs clouds ou choisissent des offres souveraines.
Des équipes nearshore pour absorber la charge
Enfin, une migration mobilise fortement les équipes pendant plusieurs mois. S’appuyer sur des ingénieurs cloud et DevOps en nearshore permet d’absorber ce pic sans ralentir la roadmap produit. Découvrez les avantages du nearshoring au Maroc.
FAQ : migration cloud
Combien de temps dure une migration cloud ?
De quelques semaines pour une application simple en « lift and shift » à plus d’un an pour un système d’information complet. Dans tous les cas, l’audit initial permet d’estimer la durée de façon réaliste.
Quelle est la différence entre rehost et refactor ?
Le rehost déplace l’application telle quelle, rapidement et à moindre coût. Le refactor modifie son architecture pour exploiter les services cloud natifs : c’est plus long et plus coûteux, mais les gains à long terme sont plus importants.
La migration cloud réduit-elle toujours les coûts ?
Non. En effet, les économies dépendent du choix des ressources, de leur suivi et de l’arrêt des environnements inutiles. Sans pilotage, la facture peut au contraire augmenter.
Faut-il moderniser les applications avant de les migrer ?
Pas forcément. Pour les grandes migrations, il est souvent plus sûr de migrer d’abord avec peu de changements, puis de moderniser une fois dans le cloud.
Peut-on externaliser une migration cloud ?
Oui. Un partenaire expérimenté apporte une méthode éprouvée et des compétences cloud souvent rares en interne. Les choix d’architecture et de priorités doivent toutefois rester validés par l’entreprise.
Conclusion : réussir votre migration cloud étape par étape
Une migration cloud réussie repose donc sur une méthode rigoureuse et sur des étapes claires : audit, architecture cible, stratégie par application, landing zone, tests, bascule et optimisation continue. En anticipant les risques de complexité, de gouvernance, de coûts, de sécurité et de compétences, vous en faites un véritable levier de performance.
Go&Dev accompagne les éditeurs de logiciels et les DSI dans leurs projets de migration cloud sur AWS, Azure et GCP, de l’audit à l’optimisation, depuis son Delivery Center de Rabat.
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